Résumé de la prédication en français

Evangile selon Jean 6, 37-40
37 Tous ceux que le Père me donne viendront à moi et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. 38 En effet, je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais celle de celui qui m’a envoyé. 39 [Or, la volonté du Père qui m’a envoyé,] c’est que je ne perde aucun de tous ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite le dernier jour. 40 En effet, la volonté de mon Père, c’est que toute personne qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je la ressusciterai le dernier jour.

Le dimanche des morts – dernier dimanche du calendrier liturgique protestant. La simple évocation de ce nom en fait frémir plus d’un. Elle nous confronte à une réalité que nous repoussons généralement loin à l’arrière-plan.

Vous n’avez pas hésité à faire le déplacement. Vous, qui assistez au culte d’aujourd’hui, vous avez dit au revoir à quelqu’un. Vous êtes touchés par la mort de votre père, de votre mari, de votre épouse, touché par la mort d’un ami, d’une amie, d’un parent, d’un voisin ou d’une connaissance.

Vous vous occupez peut-être d’une personne dont la fin de vie est proche, à domicile ou en maison de retraite.

Pas tous et toutes ont pu faire leurs adieux, parce que le décès les a surpris ou parce qu’ils habitent loin.

D’autres encore ont pu accompagner le mourant lors de sa dernière marche, dire une prière, chanter une chanson, lui tenir la main.

Non pas tous et toutes ont pu s’endormir paisiblement. Ce n’est pas entre nos mains, même pas pour notre propre mort. « Je ne perdrai aucun de ceux que le Père m’a confiés », dit Jésus-Christ.

Avec lui, aucun et aucune ne se perd : Comme dans un large manteau. Comme sous un toit protecteur. « Tous ceux que mon Père m’a confiés viendront à moi. Celui qui vient à moi, je ne le rejetterai pas ».

Des bras ouverts pour m’accueillir. Autorisés à être enfant parce que nous sommes enfants de Dieu.

Les paroles de Jésus me réconfortent. Dieu qui m’a appelé à la vie ne me perd pas. Dieu envoie Jésus comme son messager :

« Car telle est la volonté de mon Père : tous ceux qui verront le Fils et croiront en lui obtiendront la vie éternelle. Au dernier jour, je les ressusciterai de la mort. »

Ce n’est pas une phrase creuse quand nous disons que Dieu ne perd aucun être humain. Il nous le dit chaque jour à quel point nous sommes importants pour lui, à quel point il nous aime.

Encore une fois, des paroles tirées de l’évangile de Jean (Jean 6,37-40) :

Jésus le dit à tous ceux qui viennent à lui : Tout le monde est le bienvenu. Sa volonté n’est de chasser personne. Personne ne doit être perdu.

Cela fait réfléchir de voir combien de fois nous abandonnons quelqu’un parce que cela ne sert à rien de s’occuper de lui, parce qu’il ne partage pas mes idées, parce qu’il ne nous convient tout simplement pas.

Parfois, nous pensons que Dieu ne nous voit pas.

Une deuxième pensée dans l’évangile de Jean : Avant les paroles de la prédication, Jésus s’adresse aux personnes qui ont vécu avec lui la distribution du pain : il est le pain vivant qui apaise non seulement la faim quotidienne, mais bien plus encore la faim de vivre.

Le Christ, proclamant de lui-même qu’il est le pain de la vie, le pain pour la vie, nous promet que son amour est la nourriture pour notre vie, qui nous permet de rester en vie, comme un aliment de base qui nous donne la force de vivre, même pour supporter les épreuves et les catastrophes de la vie :

Le pain de vie nous donne le courage de consoler et le courage d’affronter le fait de mourir et la mort. Un courage qui me permet de ne plus avoir peur, peur de la fin de vie, de la mort, de l’incertitude, de l’après.

La peur ne nous quitte probablement jamais tout à fait, car nous ne savons pas ce qui viendra ensuite. La peur fait partie de notre vie, une peur qui nous permet aussi de saisir la main salvatrice du Christ.

Dieu nous prend par la main que nous tendons vers lui en quête d’aide. Il doit suffire de savoir que le Christ nous promet que « quiconque croit en lui ne périra pas, mais aura la vie éternelle ». (Jean 3, 16)

Je crois fermement que Dieu ne renonce pas à sa fidélité. Il est fidèle au-delà de ma vie.Nous n’apprenons pas à préserver et à persévérer la vie en repoussant la mort et le trépas, comme si nous vivions éternellement.

Nous avons peur dans ce monde – peur de la vie. Même les petits enfants posent des questions sur la mort, en demandant si grand-mère ou grand-père sont maintenant au ciel.

S’accrocher aux paroles de Jésus, lui faire confiance, le croire, promet la vie éternelle même de son vivant. « Je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6,40) est une confiance courageuse.

C’est pourquoi notre foi en la vie éternelle n’est pas une consolation.

Elle est la condition pour accepter cette vie sous toutes ses facettes et pour reconnaître sa valeur et sa beauté.

C’est la condition pour organiser cette vie comme Jésus nous l’a enseigné.

Pouvoir accompagner une personne sur son dernier chemin, l’aider à se détacher de cette vie – aussi difficile soit-elle – est aussi un grand défi pour ceux qui continuent à vivre. Mais c’est une expérience riche, également pour sa propre mort.

C’est ce que nous faisons lorsque nous prions : « Seigneur, enseigne-nous à nous souvenir que nous devons mourir. Afin que nous devenions sages ! » (Psaume 90,12)

Que signifie « devenir sage » ? Devenir sage n’a rien à voir avec l’accumulation de connaissances. Cela signifie plutôt que je me réjouis de chaque nouveau jour, que je renouvelle chaque jour ma confiance en Dieu. C’est la sagesse de la vie et la sagesse de la mort.

La certitude de la foi – une autre pensée
Ce n’est pas quelque chose qui arrive tout seul.
Il s’agit de marcher avec le Christ tout au long de la vie.
Comment savons-nous nous réconforter mutuellement ?

Je crois que c’est un besoin primaire de l’être humain – même de celui qui est éloigné de Dieu – de faire une prière : « Dieu, si tu existes, Dieu, aide-moi ! »

L’appel à Dieu comme dernier recours, comme dernier refuge, comme le fait le priant désespéré du psaume 69 : « O mon Dieu, sauve-moi, j’ai de l’eau jusqu’au cou. »

Nous pensons probablement tous aux images horribles des personnes décédées dans les rues de Bucha, Kherson et Marioupol.

Les gens à la recherche de nourriture et d’un peu de protection, à pied ou à vélo – simplement tués, sans pitié. Je pense aux morts en Syrie, aux méprisés en Afghanistan, aux affamés au Soudan.

Tant de morts sans nom. Pour Dieu, ils ne sont pas anonymes.

Il nous avertit que nous devons devenir sages et à garder à l’esprit que nous devons mourir. « Memento mori »

Devenir sage, c’est se confier à Dieu en toute crainte et incertitude ;
Devenir sage, c’est aider les gens avec vos faibles forces et pouvoirs ;
Devenir sage, c’est croire que Dieu est notre assurance et notre refuge dans cette vie et au-delà de cette vie – parce qu’il était déjà « avant que les montagnes ne soient créées, et avant que la terre et le monde ne soient créés ».

Sur l’horloge de l’hôtel de ville, sur la place du marché à Leipzig, nous lisons les lettres dorées autour du cadran : « Mors certa, hora incerta »– « La mort est certaine, l’heure est incertaine ».

Un élève de latin a traduit selon sa façon : « Mort sûre, l’horloge va faux ! »

A l’époque de la communication via les services de messagerie, on mettrait un smiley en forme de clin d’œil derrière cette traduction ce qui montre à son tour que nous sommes émotionnellement à peine capables de faire face au sujet de la fin du monde et de la vie. Mais comme l’humour permet de prendre du recul, il sert, espérons-le, de pont vers le sujet.

Dieu ne nous perd pas.
Il n’y a pas plus réconfortant.

Le temps et l’heure sont incertains, mais non pas la mort ni l’amour de Dieu.

AMEN