Résumé de la prédication en français

Résumé de la prédication
Livre des Lamentations 3,22-26.31-32
22 les bontés de l’Eternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne prennent pas fin ;
23 elles se renouvellent chaque matin. Que ta fidélité est grande !
24 Je le déclare, l’Eternel est mon bien, c’est pourquoi je veux m’attendre à lui.
25 L’Eternel a de la bonté pour celui qui compte sur lui, pour celui qui le recherche.
26 Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Eternel.
31 En effet, le Seigneur ne rejette pas pour toujours,
32 mais quand il cause du chagrin, il fait preuve de compassion, tant sa bonté est grande.

« C’est pourquoi j’espère encore… ! »

« C’est pourquoi j’espère encore… ! »–cette phrase est venue doucement de ses lèvres. Des semaines d’inquiétude et de peur se trouvaient derrière elle : le diagnostic du médecin traitant et les suggestions thérapeutiques, puis l’opération qui durait plusieurs heures avec l’amélioration qui suivait. Et maintenant, de nouveau un diagnostic négatif. De la déception et du silence du côté de son mari et de ses enfants. Et elle-même ?– Elle dit doucement : « C’est pour ça que j’espère encore… ! »

Se lamenter aide ! Je m’imagine comment ce serait de distribuer des morceaux de papier ici dans ce culte, avec toutes les lettres de A à Z écrites les unes au-dessous des autres avec le titre : L’alpabet des lamentations. Que pensez-vous que les gens écrivent ? Qu’écrirait mon amie ? Qu’est-ce que j’écrirais ?

A comme angoisse et anxiété. Anxieux de l’avenir, anxieux de s’infecter avec le virus qui court, anxieux pour ses êtres chers. B comme « bureau à domicile ».C comme Corona et Covid-19, comme concept de ventilation– et aussi comme camps de réfugiés aux frontières extérieures de l’UE, où les gens doivent habiter sous des conditions précaires. D comme Dieu : Où es-tu dans tout ça ? E comme l’épuisement et aussi pour l’enseignement à domicile – y compris les discussions quotidiennes et la peur que les enfants ne se perdent de vue à l’école. F comme fatigue. G comme gâcher quelque-chose. H comme harcèlement. I comme inquiétude. K comme kyste (au moins une tumeur bénigne cette fois). L comme Lockdown, Long Covid. M comme mutation, comme masque de protection de la bouche et du nez… et ainsi de suite, jusqu’à R comme réchauffement climatique, S comme surcharge et soins intensifs et Z comme zut! et zizanie (le fait de créer de la désunion entre des personnes).

Se plaindre aide ! Appeler les choses par leur nom me soulage. Cela me permet d’y voir plus clair, m’aide à faire le tri, me permet de créer une distance entre moi et ce qui me rend la vie difficile. Si je jette ce qui me déprime aux pieds de Dieu, et ceci de A à Z, alors ma plainte a quelqu’un en face qui m’entend. Le troisième chapitre du livre des lamentations qui est attribuées au prophète Jérémie en parle d’une manière similaire.

La nouvelle édition de la « BasisBibel » en langue allemande montre la structure alphabétique de ce psaume de lamentation. Il a été chanté après la destruction de Jérusalem en 587. Un traumatisme ! Tout a été détruit. Effondré les projets de vie et de« business », effondré le foyer spirituel, effondré le bien-être physique et psychique.

Nombreux sont ceux qui en font l’expérience en ces mois de pandémie mortelle, en ces mois de catastrophes climatiques, en cette période de guerres et de défaites à Kaboul et ailleurs. Mais en même temps, les plaignants font aussi l’expérience de la solidarité humaine : Faillite – mais aussi des aides étatiques ; La maladie – mais aussi des soins professionnels ; La solitude – mais aussi des signes d’amour.

Dans ce livre biblique – dans cette prière, un chagrin oppressant et des lamentations amères montent au ciel. Oui, c’est une accusation contre Dieu. Il est loin et il se cache. De telles plaintes et accusations circulaient. Le Dieu vivant, le Dieu des promesses, semble absent. Le prieur crie et acclame son besoin. Celui qui lamente, ne se plaint pas, celui qui lamente, espère ! Contesté et douteux, il aspire à la proximité et à l’aide de Dieu.

En même temps, le prieur examine et reconsidère – « Je me prends cela à cœur ! »
Il reconnaît la rupture avec Dieu ; il comprend qu’il s’est fermé à la volonté de Dieu. Il avoue sa culpabilité.

Et puis le demi-tour. La bouche déborde due au cœur douloureux et elle confesse : « Néanmoins, je veux mettre mon espérance dans le Seigneur. » – « Je chanterai en ton honneur de tout mon être. » (Ps 71,23) « Tu es toujours mon espérance. » (Ps 27,1) La bonté de Dieu, le « mais » de Dieu, c’est qu’il n’a pas fini.

La prière des « profondeurs », les psaumes des lamentations, ouvrent le demi-tour par un « mais » : « Mais j’espère que vous êtes miséricordieux. » – « J’ai confiance en ta bonté. » (Ps 13,6). La lamentation, la complainte est une expression de confiance et de foi. La prière s’accroche au « oui » de Dieu derrière le « non ». Avec l’espérance le prieur se tourne vers celui qui est pour lui, pas contre lui. Avec sa confiance, le prieur se jette dans les bras de celui qui peut vraiment l’aider : il se tourne vers le Dieu vivant, car la promesse de Dieu est valable/en vigueur. Sa miséricorde est loin d’être terminée. Dieu est plus proche du prieur que ce dernier ne l’est envers soi-même. Dans la prière, il s’enfuit vers celui qui était proche de lui auparavant.

En Jésus-Christ, Dieu se révèle tel qu’il est réellement. Il ouvre son être intérieur, son cœur. C’est Dieu lui-même qui le fait savoir : « Sa bonté ne cesse pas. » Sa fidélité est grande.

Dieu n’est indifférent ni à nos blessures, ni à nos souffrances. Le cri effrayant et offensant de Jésus sur la croix : « Mon Dieu, mon père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » lui va au cœur. Toutes les plaintes résonnent avec le cri du fils au père. Blessé, crucifié, humilié au plus bas. Et c’est précisément lui qui réconcilie les hommes avec Dieu au nom de l’amour dévoué.

Dieu le Père « mais » il écoute – et l’exalte. Dieu lui rend juste. Et dans la résurrection, le Christ a vaincu le pouvoir ultime de la souffrance et de la mort : le Christus Victor, le vainqueur. Il accorde la réconciliation avec Dieu et ceux qui sont en communion avec lui. Il promet la rédemption à tous ceux qui espèrent en lui dans le monde encore non racheté. Et il promet aussi la rédemption pour ceux qui se confient à la bonté et à la miséricorde de Dieu qui ont les lèvres ouvertes pour confesser : « Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »  (Phil. 2,11)

Oui, le Dieu vivant, le Dieu d’une fidélité patiente et d’une grande bonté, ne rejette pas pour toujours. S’il a affligé, il est miséricordieux selon la plénitude de sa grâce. « Dieu nous impose un fardeau, mais il nous aide aussi. Nous avons un Dieu qui aide. » – « Car il nous prend en charge, ce Dieu qui est notre sauveur. » (Ps 68,20f) Sa grâce est grande et nouvelle tous les matins. De « sa plénitude, nous recevons tous grâce sur grâce » (Jean 1,16). C’est pourquoi je mets mon espoir dans le Seigneur.

Et – Dieu merci ! A la fin – dans le cas de la patiente dont on parlait  au début – son espoir s’est réalisé. Grâce à Dieu et grâce à la médecine, elle vit toujours, bien qu’avec quelques limites dans la vie quotidienne. « C’est pourquoi j’espère encore… ! »

Et ainsi je prie également avec le cantique suivant :
« Mon espérance et ma joie, ma force, ma lumière, le Christ, ma confiance.
J’ai confiance en lui et je n’ai pas peur, en lui j’ai confiance et je n’ai pas peur. »

AMEN